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Le blog de Pierre du Thil

Histoire et patrimoine à travers des lieux et des personnages de la Gascogne gersoise.

Mes photauch(s) insolites ... la colonne NAPOLEON à Auch

Publié le 3 Février 2012 par Pierre du Thil

Mes phot'Auch (s)  insolites.....LA COLONNE NAPOLEON...
ou le souvenir d'une visite impériale oubliée ...


Il faut lever les yeux pour voir cette fresque peinte en trompe l’œil sur la hauteur de la façade Photauch(s) insolites 01-2011 006d'un immeuble au n° 4 bis de la rue Laborde . L’œuvre due à un artiste anonyme, fervent admirateur de Napoléon 1er, représente celui-ci au sommet  d'une colonne imitant la colonne Vendôme. Sous les pieds de l'illustre personnage il est inscrit «  HONNEUR AU GRAND HOMME ». Cette peinture murale est censée commémorer le passage à Auch de Napoléon  1er et de Joséphine le 24 juillet 1808. La légende rapporte que l'Empereur qui assistait à un office dans la cathédrale Sainte-Marie toute proche, pris d'un besoin pressant, alla soulager sa vessie  contre le mur d'en face, précisément à l'emplacement  de la future colonne... !

Au delà de l'anecdote, j'ai pensé qu'un tel événement, considérable au début du XIXème siècle, ne pouvait aujourd'hui, se résumer en une fresque anonyme et quelques lignes sur les documents touristiques parlant d'un passage de Napoléon à Auch de retour de Saragosse... Aussi me suis-je penché dans les( rares) archives  qui relatent cet épisode de l'histoire auscitaine. Déjà en 1896 Alphonse Branet écrivait dans la Revue de Gascogne * «  Il est étrange qu'un fait, qui dût être un grand événement pour les contemporains, soit tombé aussi complètement dans l'oubli en moins d'un siècle. »

Périple impérial dans le Sud-Ouest ...

Depuis le début de l'année 1808 un bruit persistant fait état d'une probable visite de Napoléon dans le Sud-Ouest . Dès lors, dans les départements les préparatifs commencent à s'organiser «  d'après les probabilités d'un voyage prochain de Sa Majesté. » Dans le Gers le préfet Balguerie constitue  une garde d'honneur sous le commandement de M de Mellet Bonas , ancien capitaine de cavalerie . Bientôt la garde d'honneur se compose de deux compagnies de 66 hommes chacune sous le commandement respectif de M de Laforgue Bellegarde et de M Larroque-Ordan. Le 29 janvier 1808 le préfet passe  les troupes en revue et le 31 janvier il leur offre un étendard qu'ils vont aussitôt faire bénir à la cathédrale Sainte Marie ...
L'uniforme se composait ainsi : Habit à la chasseur gros bleu avec aiguillettes de fil blanc,parements bleu de ciel et boutons blancs, gilet blanc, pantalon gros bleu avec liseré blanc aux coutures et sur les côtés, bottes à la russe avec houppe de soie noire et éperons bronzés, chapeau à claque avec cocarde en argent .B315556101 RB19 0068 010 screen

 Le temps passe, le 17 avril 1808 Napoléon et Joséphine vont s'installer ( inconfortablement) au château de Marracq près de Bayonne.
C'est depuis cet endroit , qu'il ne quittera que le 22 juillet, que Napoléon va organiser la première période de sa campagne d'Espagne...

Dans le Gers, le 5 mai le préfet est officiellement avisé de la venue prochaine de l'Empereur. Le 14 juillet , c'est une lettre du duc de Frioul  qui confirme que son arrivée à Auch est programmée pour le 24 juillet  prochain.
Après avoir quitté Bayonne ( et non Saragosse) l'Empereur, l'Impératrice et leur suite, vont accomplir en quelques jours, un périple à travers les principaux départements du Sud-Ouest de la France. La revue de l'Institut Napoléon note " La visite que Napoléon effectue dans le Sud-Ouest de la France est le plus long, dans l’espace comme dans le temps, des voyages qu’il accomplit pendant son règne à l’intérieur du territoire de l’Empire. » . Ainsi successivement les villes de Pau, Tarbes, Auch, Toulouse, Montauban, Agen  puis Bordeaux vont être visitées du 23 au 31 juillet 1808 !Journal du Gers 1808 004

Une journée menée tambour battant ....!

Tous les sens de cette expression peuvent s'appliquer à cette journée du dimanche 24 juillet 1808 !
Parti de bonne heure de Tarbes, le convoi impérial est accueilli aux «  confins du département » par M le Préfet accompagné de M Mellet de Bonas commandant en chef des gardes d'honneur à pied et à cheval. Après s'être substanter lors d'une  halte à Mièlan .

 Napoléon 1er et les siens, arrivent enfin à Auch à 11 heures. Voici quelques extraits du n° 299 du Journal du Gers du 28 juillet 1808 qui relate ainsi l'événement : « LL.MM. L'Empereur et l'Impératrice, venant de Tarbes, ont fait leur entrée à Auch le 24 du courant, à onze heures du matin, au bruit du canon et des cloches, et au milieu d'un peuple immense, avide de contempler les traits du héros dont la renommée raconte tant de merveilles.. »

C'est par un  discours dithyrambique que  le Maire d'Auch M Thore accueille l'Empereur à l'entrée de la ville. En conclusion de cette harangue le maire déclare : «  Sire, vos fidèles sujets osent exprimer un nouveau vœu . Si V.M daigne jeter un regard bienveillant sur les établissements publics et sur les monuments de cette cité, leurs espérances seront réalisées .... » A l'entrée de la ville haute , un arc de triomphe avait été élevé. Le Journal du Gers précise : «  L'arc de triomphe était d'ordre dorique, d'un très beau style et dans les plus grandes dimensions ; les pilastres étaient ornés de trophées d 'armes. Au- dessus de l'archivolte on voyait deux Renommées tenant des couronnes de chêne et de laurier . Dans la frise on lisait du côté de l'arrivée : NAPOLEONI, PATRI PATRLE , FORTISSIMO,INVICTO, MAXIMO . Du côté de la ville cette seconde inscription : IN ADVENTY FELICISSIMO AVGVSTA AVSCORVM EXVLTANS ; l'aigle impérial couronnait ce monument. »

C'est par la rue du  Chemin Droit ( actuelle rue Dessolles) que l'Empereur gagna la Préfecture ( aujourd'hui la Poste ) transformée en cette occasion en «  palais impérial » . Là «L'Empereur, immédiatement après son arrivée , a (été) entretenu  (par) M le Préfet, pendant près d'une heure sur la situation,les intérêts et les besoins de son département. M le Préfet a été également admis à rendre ses devoirs à S .M. l'Impératrice, qui n'a pas reçu d'autre visite durant son séjour à Auch, en raison des fatigues du voyage : elle n'est point sortie de son palais... A midi, LL. MM. ont entendu la messe  dans leur palais ( à la Préfecture ). M l'archevêque de Malines ( abbé de Pradt  ), aumônier de l' Empereur a officié, assisté de M l'abbé Lagrange , pro-vicaire général  du département du Gers,chanoine honoraire d'Agen et de M l'abbé Alexandre  que M l'archevêque a nommé chanoine de la métropole avant la cérémonie .»

 Un repas, sur lequel n'émane  aucune information, dût suivre la messe. De  trois à quatre heures de l'après midi  ce sont les autorités départementales qui furent reçues. C'est M Sentetz  qui s'exprima pour le Conseil Général : «  Nous implorons votre munificence pour l'organisation  de collèges d'enseignement pour nos villes principales, dont les revenus suffisent à peine à leurs dépenses les plus indispensables...» Les diverses sollicitations des autorités ainsi que celles des maires des principales villes du département  furent accueillies avec attention .
 
La visite d' Auch à cheval ...  

Après cette réception l'Empereur monta à cheval pour visiter la ville, accompagné de sa garde d'honneur traversa la foule qui ne l'avait qu'entrevu lors de son arrivée. 
« S,M a parcouru les divers quartiers de la ville, a pris des renseignements sur les principaux édifices , les monuments, etc., et principalement sur la superbe basilique de Ste Marie, ancienne métropole. L' Empereur l'a visitée dans le plus grand détail.. Il a été reçu sous le dais par le clergé de cette église, à la principale porte d'entrée... »

Napoléon fut  frappé par l'état de délabrement de l'édifice auquel aucune réparation n'avait été effectuée depuis au moins une quinzaine d'années...Après la cathédrale, il se rendit à l'ancien collège abandonné depuis le 16 floréal an XI . Après avoir visité les casernes, il se rendit à l'hospice , avant de regagner la Préfecture.
«  On assure qu'à l'entrée de la nuit , l'Empereur parcourut à pied les principales rue d'Auch...Il a paru satisfait de leur beauté et de leur régularité... » . L'état de la chaussée  dut toutefois lui paraître en mauvais état puisqu'il décida d'attribuer une somme de 10,000 francs pour la réparer...
En outre, Napoléon  chargea le maire de distribuer la somme de 6,000 francs aux indigents de la ville.                                                        cathédrale Auch 31-01-2012 002

( La cathédrale Sainte-Marie d'Auch aujourd'hui : de part et d'autre du porche pricipal d'entée, les portes latérales - de nos jours fermées- au dessus desquelles figurent les inscriptions en latin - presque illisibles- mentionnées plus bas dans l'article- photo Pierre du Thil )

Le décret Impérial ...

Depuis Auch Napoléon publia le Décret Impérial daté du 24 juillet 1808 et paru dans le Moniteur n°224 .  En voici les extraits essentiels :
                                                                          I
                 EGLISE SAINTE-MARIE, ANCIENNE CATHEDRALE D 'AUCH
Article premier.-L'église Saint-Marie sera réparée.
Article 2.-Il sera affecté à cette réparation la somme de 18,000 fr.,qui sera acquittée sur l'exercice courant, savoir :9,000 francs par le ministère des cultes, chapitre 7 du budget, 6,000 francs par le département du Gers, et 3,000 francs par la ville d' Auch.
Article 3.- A commencer en 1809, il sera affecté à l'entretien de ce monument une somme annuelle de 6,000 francs, qui sera versée entre les mains de la Fabrique....
                                                                    
                                                                        II
                                                 REPARATION DU PAVE
Article 4.- Le pavé de la ville d' Auch sera réparé à neuf.
Article 5.-Une somme de 10,000 francs sera affectée à cette dépense et portée au budget des ponts et chaussées pour 1809.

                                                                       III
                                                FONTAINES PUBLIQUES
Article 6.-Le canal qui part du Château d' Eau sera perfectionné et continué en passant par le Cours d' Etigny jusqu'à la place de la Mairie.
Article 7- L' ancien canal destiné à conduire les eaux dans le quartier de Saint-Pierre, sera désobstrué et réparé.....
                                                                     IV
                                                 ECOLE SECONDAIRE
Article 10.-Une école secondaire sera établie dans la ville d'Auch, dans le courant de l'année prochaine.
Article 11.-Un secours de 20,000 francs sera accordé à ladite ville, sur le budget du ministère de l'intérieur, exercice 1809, pour concourir à l'établissement de ladite école.

                                                                      V
                                                    TRAVAUX PUBLICS
Article 12.- La Baïse sera rendu navigable depuis Condom jusqu'au point ou la navigation est déjà établie en communication avec la Garonne.
Les plans et devis seront soumis à notre approbation avant le 1er janvier prochain. .....

                                                                   VI
                                                     DISPOSITIONS DIVERSES
Article 15.-Les curés de Fleurance, de Saramon et de Nogaro sont élevés au rang de curés de première classe....

                                                                                      Signé : NAPOLEON
Par l'Empereur,
Le ministre secrétaire d' Etat, signé : H-B. MARET.

Le soir , la ville fut illuminée et particulièrement l'arc de triomphe . Sur les places avaient été aménagées des fontaines « d’où la joie jaillissait avec le vin ». Des feux de joie, ainsi que des concerts et des danses manifestèrent l'allégresse publique. Les acclamations de la foule appelèrent plusieurs fois l'Empereur et l'Impératrice sur la terrasse de la Préfecture ou ils se montrèrent et saluèrent la foule , tandis que la musique de la garde d'honneur  leur donnèrent la sérénade.

Les souverains quittèrent Auch à minuit pour se rendre à Toulouse . Je ne résiste pas au plaisir de citer, une nouvelle fois le Journal du Gers qui en conclusion du compte rendu de cette mémorable visite écrit : « LL.MM. Sont parties d'Auch à minuit pour se rendre à Toulouse. Elles ont emporté l'amour et les regrets de nos concitoyens qui regarderont toujours comme le plus beau jour de leur vie, celui ou ils ont eu le bonheur de posséder en leurs murs le père , le régénérateur de la patrie ... » Le préfet, la gendarmerie et une partie de la garde d'honneur les accompagnèrent jusqu'aux limites du département.

 Ici... et ailleurs...

Malgré cet emploi du temps particulièrement chargé Napoléon continue depuis Auch à diriger les affaires en particulier celles qui concernent la campagne d' Espagne. Voici la lettre qu'il adresse à son frère :

Auch, 24 juillet 1808
A Joseph Napoléon, roi d'Espagne, à Madrid
Mon Frère, je suis arrivé aujourd'hui à Auch; je serai demain à Toulouse.
Je vous envoie votre courrier de Naples. J'ai ouvert tous les rapports de la police et de l'armée; je n'y ai rien trouvé d'intéressant.
La Reine est arrivée à Lyon. Si vous ne jugez pas à propos qu'elle aille à Madrid, peut-être feriez-vous bien de la laisser venir à Paris. Il ne faut, dans la position actuelle des choses,rien faire qui n'ait l'air d'être naturel.

Je n'ai point de nouvelles de votre entrée à Madrid; votre dernier courrier est de Buitrago, le 19, à onze heures du soir. Je n'en ai pas davantage du maréchal Bessières. Je crois vous avoir mandé d'avoir l’œil sur Burgos et d'y tenir un général de confiance.
Les espèces sont parties de Paris pour former le second payement de l'emprunt. Je suppose que le ministre des finances aura fait la cédule royale et se sera occupé de déposer les effets, conformément à la demande qu'en a faite la Banque.  

           
La suite ....et les suites ...

 
Pour compléter le récit il convient de citer les principaux personnages qui composaient la suite Impériale lors de la visite d'Auch : S.A.S le prince de Neufchâtel, vice-connétable; LL.Exc. MM. Le duc de Frioul, grand maréchal du palais, Champigny, ministre des relations extérieures, Maret, ministre, secrétaire d'état ; MM les généraux Lebrun, Bertrand, Nansouti ; Mmes de Montmorency, Maret etc..
Les jours suivants, le duc de Frioul faisait parvenir à M Mellet de Bonas, de la part de l'Empereur, une tabatière enrichie de diamants et ornée de son chiffre , en témoignage de la satisfaction qu'il avait eu du service de la garde !

Comme l'écrit Mme Françoise Bagnéris dans son livre   la cathédrale d' Auch et son quartier des chanoines : « ...les sommes votées seront effectivement versées à la fabrique pendant 4 ans. Nous savons que les tours, les toitures et les orgues furent réparées, le pavé rejointoyé, les boiseries nettoyées, sans oublier les vitraux, châssis et grillages . »


 La  reconnaissance ( éternelle ? ) des autorités...

Voici une délibération du 4 août  1808, par laquelle, le conseil municipal de la commune d' Auch décide «  d'établir des marques éternelles de notre admiration, de notre reconnaissance, de notre amour pour les personnes sacrées de nos Souverains, en attachant des noms chers aux lieux que LL.MM. Honorèrent de leur auguste présence.
Sur quoi le conseil a délibéré :

Art 1er : La place de la Mairie portera désormais le nom de Place Impériale.
La rue des Cazernes du Séminaire, sera appelée  Rue Napoléon.
La rue et place qui se trouvent en droite ligne du pont de la Treille, au bas de la côte de Juillan, s’appelleront Place et  Rue de l'Impératrice.
La rue que l'on parcourt de l'Arc de Triomphe , au pont d'Etigny, sera nommé Rue de l'Arc de Triomphe, en mémoire du monument que les habitants d'Auch ont érigé sur le passage de LL. MM .

Art 2 . Ces dénominations gravées en lettres dorées sur des plaques de marbre ou de bronze, seront placées aux lieux qu'elles devront indiquer, le 15 août courant, en présence des autorités et des troupes...... »Journal-du-Gers-1808-003.JPG

Quelques jours après les gardes à pied et à cheval remirent leur drapeau et leur étendard entre les mains de l'abbé Daignan , curé de Sainte Marie qui les fit pendre aux piliers du jubé. En sortant de la basilique, le cortège composé de toutes les autorités alla « au son du canon, des tambours et d'une musique guerrière » inaugurer les plaques des nouvelles rues.

Le 15 août 1809 il y eut , à la Mairie, dans la salle des séances du Conseil Municipal,  l'inauguration d'un buste de l' Empereur  avec une inscription « .... à la mémoire du passage de Napoléon le Grand....et en reconnaissance de ses bienfaits . » Ce même jour, au-dessus des frontons des portes latérales de la cathédrale Ste Marie,  furent dévoilées « deux inscriptions,déterminées par le conseil municipal, approuvées par l'autorité ecclésiastique et destinées à perpétuer le souvenir de l'entrée de SM dans l'église de Sainte-Marie  »,
Ces inscriptions les voici :

                   ( I =  côté gauche )                                                        (  II = côté droit )
NAPOLEOMAGNVSIMPERATORAVGVSTVSNAPOLEOMAGNVSIMPERATORAVGVSTVS                       AVSCORVM CIVITATEM PERLVSTRANS                                 ARTVM SACRORVMQVE PROTECTOR

   NONNISI POPVLO CVSTODIENTE                                                 MONVMENTORVM
         HOC INTRIVIT AD TEMPLVM                                     ECCLESIAM  S. MARIE
           INTER CIVIVM VNIVERSIM                                     MIRO STRVCTAM OPERE
    CONCVRSVS ET EXSVLTATIONES                  DIV TAMEN DISPERDITIONI RELICTAM          
DIE XXIV MENSES JVLII                                                      ERARII PVBLICI                  

               ANN  M DCCC VIII                                             PROVINCIAE  SIMVL ET MVNICIPII                                                                                                                     SVMPTIBVS
                                                                                                                                      

                                                                              INSTAVRARIETINPERPETVVMSARTAMTVERI                                                                                                                 JUSSIT
                                                                                                         
                                                         
                Cathedrale-Auch-01-2012-005.JPG                                                                               Cathedrale-Auch-01-2012-001.JPG                                         
Ceci pourrait, en français contemporain ,être  traduit comme suit :

 I = Le grand empereur Napoléon visita la ville d'Auch sous la protection d'une foule tellement immense, qu'il dût se frayer un passage jusqu'au sanctuaire, au milieu de la foule des citoyens réunis et des manifestations de joie. 24ème jour du mois de juillet de l'an 1808.

II =  Le grand empereur Napoléon, protecteur des arts et des monuments sacrés, ordonna, par un décret impérial d'intérêt public, la réparation immédiate et continue à la fois aux frais de la province  et de la municipalité, de l'église Ste Marie, ouvrage admirablement construit, mais cependant depuis longtemps abandonné à la ruine.

Toutes ces marques de reconnaissance , voire d'adulation, qui devaient être éternelles ne durèrent qu'un temps, les rues ont repris leur nom d'origine, le buste  a disparu de la mairie, les drapeaux de la cathédrale... Comme mon illustre prédécesseur M Alphonse Branet, il m'a fallu longtemps chercher avant de situer et ensuite de déchiffrer les inscriptions à demi effacées et dissimulées sous une couche d'enduit ( révolutionnaire !)
La technicité de la photographie actuelle, m'a permis en accentuant le contraste de confirmer la concordance de ces écrits.



Bibliographie :
Revue de Gascogne 1896 Communication d'Alphonse Branet ( T 37 )

Journal du Gers n° 298 et 299 ( 28-07-1808 ) -AD du Gers

www,histoire-empire,org/correspondance de napoléon 1808- Histoire du Consulat et du premier Empire

La cathédrale d'Auch et son quartier des Chanoines – Françoise Bagnéris

Recueil d'uniformes : gardes d'honneur du voyage impérial en 1808 par E. Fort ( illustration) Bibliothèque de Toulouse

 

Revue de l'Institut Napoléon 2009 I ( n°198)



Photos :P Dutil - Traduction latin /français: Noëlle Dutil ;

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jluc 07/05/2014 17:08

Sans remettre en cause vos savantes explorations des archives officielles, j'ai eu sur cette colonne la version d'un Auscitain dont je ne connais que le nom de son chien, et qui est assez savoureuse pour être racontée. D'après le maitre de Galopin donc, Napoléon séduit par les stalles de la cathédrale Ste Marie, avait décidé de les faire transférer à Paris, en échange d'un collège qu'il ferait construire à Auch (collège mentionné dans vos documents). Mais les Gascons fiers de leurs stalles font traîner les choses, jusqu'à "oublier" leur promesse de transfert. Mais comme ce ne sont pas des ingrats, ils décident de peindre cette colonne... à quelques mètres des stalles toujours visibles dans la cathédrale. Mais peut-on croire ce que raconte quelqu'un qui appelle son chien "galopin" ?

canto nadine 19/03/2012 16:19


SINCERES FELICITATIONS à TOUS DEUX . JE GARDE DE TELLEMENTS BONS SOUVENIRS DU GERS ET DES GERSOIS. NADINE LE MERRER CANTO.